APERÇU DES ACTIVITÉS
06
6.1 Les marchés de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables
STATUT GLOBAL DES PRINCIPAUX SYSTÈMES D’ÉCHANGE DE QUOTAS D’ÉMISSIONS (ETS)
2007-2009
2011-2016
Nouveaux
2010
2005
Europe
Amérique
Océanie
Asie
Autres
* Shenzhen, Shanghai, Beijing, Chongqing, Tianjin, Hubei, Guangdong avant qu'un système national de plafonnement et d’échange
de quotas ne commence.
Source : AREVA.
ETS Union
européenne
WCI RGGI
MGGRA
Chine :
7 pilotes ETS*
(2013-14) +
Schéma national
en préparation
Corée du Sud
(Jan. 2015)
Afrique du Sud
(Jan. 2016)
ETS Nouvelle-
Zélande
La convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a été
établie à Rio en 1990 afin de tenter de limiter l’augmentation de la température
moyenne mondiale à moins de 2 °C. Un premier accord d’envergure a été
établi en 1997 par la signature du protocole de Kyoto entre pays historiquement
industrialisés pour une réduction des émissions de GES. Ce protocole instituait des
réductionsmondiales d’émissions à réaliser sur la période 2008-2012. La recherche
d’un accord impliquant plus de pays n’ayant pas été trouvé entre-temps, le protocole
de Kyoto a été prolongé pour une deuxième phase de 2013 à 2020. En 2012, au
Qatar, la conférence de Doha a institué un groupe de travail chargé d’établir d’ici
à 2015 un consensus global de réduction de GES, avec une entrée en vigueur à
l’horizon 2020. Ce nouvel accord doit impliquer les plus gros émetteurs, la Chine,
l’Inde et les États-Unis représentant plus de la moitié des émissions mondiales de
CO
2
liées à l’énergie. En novembre 2014, les États-Unis et la Chine ont signé un
accord sur le changement climatique : en 2025, les États-Unis vont réduire de 26 à
28% leurs émissions de GES par rapport à leur niveau de 2005 et la Chine s’engage
pour 2030 à utiliser 20 % de combustibles non fossiles dans son mix énergétique
tout en limitant sa consommation de charbon. L’Union européenne s’est engagée
à une réduction de 40 % de ses émissions à l’horizon 2030 par rapport à 1990.
Il ressort des débats qu’aucune source d’énergie ne doit être écartée du mix,
et en particulier l’énergie nucléaire, classée parmi les moyens de lutte contre le
changement climatique. Un fonds vert, mis en place en 2009 lors de la conférence
de Copenhague, va être doté de moyens financiers à hauteur de 7,4 milliards
d’euros au titre de la première capitalisation engagée en 2014 principalement par
les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne, la France. Ce fonds, qui vise
à réunir 100 milliards de dollars annuels d’ici 2020, devrait soutenir l’adaptation au
changement climatique dans les pays les plus vulnérables et soutenir les projets
d’investissement bas carbone. La prochaine conférence des parties de l’ONU sur
le climat (COP21) se tiendra à Paris en France en décembre 2015. L’enjeu de
cette conférence est de trouver un accord multilatéral de réduction des émissions
de GES applicable post-2020 sur la base des contributions nationales soumises
par chacune des Parties. L’ensemble des contributions doit être fourni d’ici à
octobre 2015 et le secrétariat de la convention en fera une compilation synthétique
pour évaluer leur pertinence vis-à-vis de l’objectif de limitation de la température à
+ 2 °C. Ce nouveau régime fera suite au protocole de Kyoto Phase 2 (2012-2020).
Il est nécessaire d’anticiper l’épuisement des ressources
énergétiques fossiles
Les ressources énergétiques disponibles au niveau mondial ne vont pas infléchir la
croissance de la demande énergétique d’ici 2040 et au-delà. Cependant, l’échelle
d’investissement exigée pour les exploiter est importante et de nombreux facteurs
déterminent la cadence à laquelle les ressources énergétiques seront exploitées,
tels que l’incertitude sur les perspectives économiques, le climat d’investissement
et la disponibilité de financement, des facteurs géopolitiques, les politiques de
changement climatique, les avancées technologiques et les changements de
régimes légaux, fiscaux et réglementaires.
En l’absence d’une politique climatique forte, l’épuisement progressif des ressources
en hydrocarbures est une contrainte majeure pesant sur l’offre d’énergie. Selon
le scénario central de l’AIE, la production de pétrole a connu son pic en 2006,
et le prix du baril moyen mondial atteindrait 132 dollars en 2040 (en dollars
américains de 2013). Il reste donc très difficile de prévoir à moyen/long terme
l’évolution de la disponibilité des ressources en combustibles fossiles, pétrole et
gaz naturel. Les incertitudes sur les réserves, les coûts de production et les normes
environnementales qui peuvent contraindre la production (gaz de schiste, sables
bitumineux, offshore profond, ressources arctiques) sont aujourd’hui très grandes.
Par ailleurs, les ressources en pétrole et gaz sont inégalement réparties sur le globe.
Pour le gaz par exemple, trois pays (Iran, Russie et Qatar) détiennent plus de la
moitié des réserves mondiales.
Par conséquent un recoursmassif aux ressources fossiles pour satisfaire la demande
énergétique poserait des problèmes importants de sécurité d’approvisionnement
(incertitudes sur les volumes et les prix, risques géopolitiques).
Le pétrole est essentiellement utilisé pour le transport tandis que le gaz et le charbon
ont des usages répartis dans l’industrie, la production d’électricité et de chaleur.
La Chine, grande consommatrice de charbon, l’utilise massivement dans son mix
électrique.
Évolution du bouquet électrique mondial et besoins
d’investissement
La combinaison de toutes les contraintes évoquées précédemment (augmentation
de la demande d’électricité associée à l’urgence de la lutte contre le changement
climatique et au déclin des ressources fossiles) impose des investissements massifs
dans le secteur électrique et un changement radical dans le bouquet de production.
Le « Scénario Politiques Nouvelles » inclus dans le
World Energy Outlook
de 2014
vise à prendre en compte les engagements politiques validés ou planifiés par les
différents pays du monde. Ce scénario central permet de mesurer les impacts de
ces décisions sur le secteur de l’énergie, par rapport aux deux autres scénarii
utilisés : le « Scénario Politiques Courantes » supposant qu’aucun changement de
politique énergétique majeur n’intervienne par rapport à la mi-2013, et le
« Scénario 450 » visant à limiter la concentration de gaz à effet de serre dans
l’atmosphère à 450 ppm
(1)
(en équivalent CO
2
), ce qui permettrait de limiter
l’augmentation de la température du globe à 2 °C.
Dans ce scénario central, la production d’énergie nucléaire augmenterait de plus
de 88 % d’ici à 2040, à ~ 4 650 terawatt-heure (TWh) alors qu’il sera nécessaire
de remplacer d’ici là une partie importante du parc existant. L’éolien verrait quant
à lui sa production d’énergie multipliée par plus de six d’ici à 2040.
(1) Ppm : partie par million.
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DOCUMENT DE RÉFÉRENCE
AREVA 2014




