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APERÇU DES ACTIVITÉS

06

6.1 Les marchés de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables

6.1.

LES MARCHÉS DE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE

ET DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

6.1.1.

L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE ET LES ÉNERGIES RENOUVELABLES DANS LE CONTEXTE

ÉNERGÉTIQUE MONDIAL

6.1.1.1.

LES DÉFIS DU SECTEUR ÉNERGÉTIQUE

Des besoins en électricité en forte croissance

Malgré une croissance économiquemondiale ralentie en 2014, la demande globale

en énergie a continué de croître, y compris dans les pays industrialisés. Plusieurs

indicateurs macroéconomiques laissent penser que la croissance économique des

pays industrialisés restera faible à court terme, celle des pays émergents continuant

en revanche de progresser et représentant à ce titre le plus important gisement de

croissance pour le secteur de l’énergie.

En effet, à long terme, les besoins mondiaux d’énergie sont voués à augmenter

sous la pression conjuguée de la croissance démographique, de l’accès du plus

grand nombre à l’énergie et de la croissance économique de long terme.

Selon le scénario central (

Scénario Politiques Nouvelles

(1)

du

World Energy Outlook

(WEO) de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié en novembre 2014, la

consommationmondiale d’énergie primaire, de 13,4Gtep en 2012, devrait atteindre

18,3 Gtep en 2040, soit une croissance moyenne de 1,1 %par an. Ce sont la Chine

et l’Inde, les pays émergents et les pays en voie de développement qui devraient

être à l’origine de la majorité de la demande supplémentaire.

La consommation électrique a connu une croissance supérieure à la consommation

globale d’énergie primaire, respectivement + 3 % et + 1,9 % en moyenne par

an entre 1990 et 2012, et cette tendance se poursuivra dans le futur. Dans le

scénario central de l’AIE, la production électrique mondiale en 2040 est estimée à

40 104 TWh, contre 22 721 TWh en 2012, soit une croissance annuelle moyenne

de 2,1%. La quasi-totalité de cette croissance est portée par les pays non-membres

de l’OCDE. En Chine par exemple, la consommation d’électricité devrait plus que

doubler d’ici à 2040.

Du côté de l’offre, pétrole, gaz et charbon constituent encore aujourd’hui les sources

d’énergie privilégiées. En 2012, le pétrole constituait 31,4 % de l’énergie primaire

mondiale, le charbon 29 % et le gaz naturel 21,3 %. Les productions pétrolière

et gazière aux États-Unis mettent en œuvre à grande échelle des technologies

permettant l’exploitation des ressources en pétrole et en gaz de schiste. Toutefois,

la production de gaz non conventionnel par fracturation hydraulique fait l’objet

de préoccupations environnementales. Les nouvelles politiques énergétiques

mises en œuvre dans plusieurs pays cherchent à infléchir cette tendance. Les

objectifs de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) et la question

de la sécurité d’approvisionnement en énergies fossiles se sont en effet imposés

parmi les préoccupations des populations, des industriels et des gouvernements.

Ceux-ci mettent en place des mesures d’économies d’énergie, des politiques de

promotion des énergies renouvelables et de diversification de leur portefeuille

de technologies énergétiques et diversification géographique. De nombreux

pays envisagent actuellement la possibilité d’utiliser l’énergie nucléaire et les

énergies renouvelables ou d’accroître leur part pour augmenter leur sécurité

d’approvisionnement énergétique, améliorer leur compétitivité et la prévisibilité

de leurs coûts, et réduire leurs émissions de CO

2

, afin d’assurer une croissance

économique durable.

Énergie et réchauffement climatique

Le maintien des politiques énergétiques actuelles, associé à la forte croissance

des besoins en énergie, aurait des conséquences dramatiques sur le climat. Le

secteur énergétique représente aujourd’hui environ 2/3 des émissions totales de

gaz à effet de serre et a une composante CO

2

qui pourrait s’élever à 38 Gigatonnes

en 2040 dans le scénario central de l’AIE, en augmentation de 20 % par rapport

à 2012, en ligne avec une tendance d’augmentation de la température moyenne

mondiale de 3,6 °C (

Source : WEO 2014

).

L’Europe, qui s’est fixé un objectif de réduction des émissions, amis en place depuis

janvier 2005 un système de plafonnement des émissions de CO

2

avec échange

de permis (

Emission Trading System,

ETS) qui donne une valeur économique

aux réductions d’émissions. L’ETS est un des premiers systèmes opérationnels

au monde et reste le plus grand, regroupant les 28 États membres de l’Union

européenne, plus la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein.

Des plans semblables se sont mis en place dans le monde et d’autres continuent

à émerger. Aux États-Unis, un certain nombre de lois fédérales fournit un support

financier aux entreprises investissant dans le secteur de l’énergie décarbonée

ou à forte valeur ajoutée locale (

Energy Independence & Security Act, Energy

Improvement & Extension Act, American Recovery & Reinvestment Act

). Trois

marchés volontaires de permis d’émissions de CO

2

ont été créés impliquant 38 États

ou provinces des États-Unis, du Mexique et du Canada (

Regional Greenhouse

Gas Initiative, Midwestern Greenhouse Gas Accord, Western Climate Initiative

). En

Chine, une phase d’expérimentation a débuté avec le lancement en 2013-2014 de

sept marchés pilotes impliquant cinq villes (Chongqing, Beijing, Shangaï, Shenzen

et Tianjin) et deux provinces (Guangdong et Hubei). Le 10 décembre 2014, la

Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR) a publié les

premiers éléments juridiques d’un système national d’échange de quotas de CO

2

qui doit être lancé en 2016. Lorsqu’il sera opérationnel, ce marché sera le plus

important au monde. Au Japon, des discussions sur un nouveau plan énergie

sont en cours pour limiter la croissance des énergies à émissions de CO

2

. Un tel

programme a également été mis en œuvre en Nouvelle-Zélande depuis 2010.

En 2013, le Kazakhstan a également initié un tel système de plafonnement avec

échange de permis d’émission ; en Corée du Sud, ce même type de système vient

d’être lancé en janvier 2015. L’Afrique du Sud, quant à elle, envisage la mise en

œuvre d’un système mixte de taxe et d’échange de permis d’émission à compter

du 1

er

janvier 2016.

Le prix du carbone sur ces marchés est resté relativement bas (inférieur à 30€/tCO

2

)

et n’a pas permis véritablement de réduire les émissions de GES. En Europe, le prix

de l’EUA (European Union Allowance) stagne depuis 2013 aux alentours de 5-7€/

tCO

2

. D’autres facteurs ont pu jouer dans les réductions d’émissions observées

comme l’impact des politiques de soutien aux énergies renouvelables, le contexte

économique, l’efficacité énergétique.

(1) Selon l’AIE, en plus des efforts indiqués dans le Scénario Politiques Nouvelles, d’autres devraient être nécessaires afin de limiter l’impact du changement climatique à une augmentation

de la température de 2 °C. Développés dans le « Scénario 450 », de tels efforts nécessiteraient de nouvelles structures nucléaires et d’énergies renouvelables dans le monde.

DOCUMENT DE RÉFÉRENCE

AREVA 2014

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