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par chance, le verre se brisa…
Sept ans de bonheur ? Merci Marcel Duchamp ! Je te rends mille grâces pour Le Grand Verre : la mariée mise
à nue par ses célibataires, même. Tu dis “
Cette œuvre démonstrative ne saurait appartenir à la peinture
rétinienne
”, soit. Moi je vois surtout qu’elle s’est brisée ! et je n’ai pu tolérer pour ma peinture une telle
mésaventure. Ce que je peins ne restera pas sur le verre. De la panique que cela me causa, me vint l’idée du
“Transfert”. Ce fut un énorme défi ! Obtenir une surface transparente, qui adhérerait à la plaque le temps de
recevoir les couleurs, serait compatible avec les règles de l’art, constituerait le vernis extérieur de l’œuvre
inversée après son marouflage sur la toile, ne se déchirerait pas à l’arrachage, ne ternirait pas, serait
préservée pour les siècles… D’où me vient cette certitude : je suis convaincu de la possibilité de réussir cette
prouesse ! Peu m’importe l’image pour l’instant, seul compte le caractère spirituel de la démarche : préserver
la vie ! Je puise dans mon passé industriel la rigueur scientifique, la méthodologie des bureaux d’études et
surtout la persévérance. Je m’engage dans une recherche exhaustive des solutions recensées, dont le transfert
photo-toile. Je repense au fac-similé de Lascaux, alors que la grotte reste définitivement dans le noir, à l’abri
des regards ! J’en fais un symbole de plus sur l’autel de mes dévotions. Je redeviens chimiste, je fouille la
composition des produits du marché, j’effectue quantité d’essais, de mélanges, de dosages pour détacher la
membrane de son support. Trop épais, opaque, trop fragile, instable… J’y arriverai !




