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l’instant premier
A l’encre violette sur une plaque transparente, c’est ainsi que naissent mes “visions”. Une simple
calligraphie de griffures, de bouillonnements, de pleins et de déliés soigneusement délimités de noir,
comme pour permettre de futures séquences. Dans ce premier jet, l’expression se limite à la trace, au
signe ; de zone en zone, les œuvres découlent d’elles-mêmes, de ces moments d’attention/inattention
où je capte la succession des pulsions, sans les décoder, seulement les transcrire dans la plus totale
impartialité. Ce ne sont pas des gestes appris, mais un rituel de l’enfance… Je ne construis plus un
tableau, j’interdis à ma raison de juger “ce qui se fait”, je m’en garde d’une façon absolue, totalitaire
même. Les interventions du conscient se limitent à de l’assistanat. Je veille à ne pas transformer la
séance d’écriture en maniérisme. Parfois, les yeux fermés, j’y vois plus clair. Quelque chose en moi,
pense mieux que moi. Après les premières années de tâtonnements, de découverte, j’ai même cessé
la pratique du dessin et de tout travail préparatoire.




