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Couleur, ego et alter ego
Quand je n’obtiens plus de réponse, je n’insiste pas, même si des portions transparentes s’offrent
encore à moi. J’utilise souvent le noir pour enfermer ces instants. Savoir attendre cette pulsion, cette
percussion est la règle que je m’impose. J’aime, dans l’atelier, ces œuvres “en chantier”, provisoires,
en attente d’un “supplément d’âme”. Voir ensuite le pinceau donner le ton, poser la couleur selon
ma propre rythmique sur ce tapis de hachures, de rayures, me propulse dans un autre état de
réceptivité. Car même si notre relation chromatique avec le monde nous est propre (teintes, coloris,
nuances…), donnée sans doute dès l’enfance, là aussi, je me préserve de ma propre habileté aux
aplats, aux fondus, aux ombres, j’oublie ma connaissance des pigments, des liants, des diluants, des
solvants… pfffft ! Rester vierge !




