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FIN DES TARIFS : ÊTES-VOUS PRÊTS?

— 07

EFFICACITÉ

ÉNERGÉTIQUE

problématiques de la sobriété,

remettant le consommateur

dans la position active,

changent la donne.

Et ce n’est pas seulement

une évolution technique.

La

volonté des territoires

, et des

collectivités locales qui les

représentent, de

retrouver un

rôle plus actif

s’inscrit dans

une tendance profonde de

la société actuelle : face à un

monde de plus en plus ouvert

et imprévisible, il s’agit de

reprendre la main, de limiter la

dépendance

par rapport à des

évolutions exogènes qu’on ne

contrôle pas. D’où la puissance

de l’idée d’autonomie, dans ce

domaine comme dans d’autres,

exprimant à la fois le besoin

de protection et la volonté de

recréer de la puissance d’action,

de créer des « clairières » dans la

jungle mondialisée, comme le dit

le philosophe allemand Rüdiger

Safranski. »

Dans ce contexte d’affirmation

des collectivités, quel serait

l’échelon territorial le plus

pertinent ?

« Comme dans tous les sujets

liés à l’environnement,

la

question des échelles est la

question centrale

, et en même

temps la plus difficile, il faut

l

’

aborder avec pragmatisme

.

La préférence pour le local ne

doit pas devenir un dogme

idéologique. Les diverses EnR

n’ont pas le même rapport

au territoire : certaines sont

ultra-locales, d’autres moins.

La chaleur est par nature un

PIERRE VELTZ

Chercheur, ingénieur, sociologue

et économiste, spécialiste de

l’organisation des entreprises

et des dynamiques territoriales

«DESENJEUX

D’ÉCHELLES»

Les collectivités territoriales

affichent de plus en plus leur

volonté d’être actrices de leur

stratégie énergétique, que vous

inspire cette tendance ?

« Jadis, chacun avait conscience

du caractère éminemment local,

concret, de l’énergie (bois, eau,

vent…). Puis le XX

e

siècle nous

a amenés vers une perception

de plus en plus « abstraite »,

avec la dissociation

croissante

entre les lieux de production

et les contextes d’utilisation

de l’énergie. Vue par les

consommateurs,

l

a disponibilité

paraissait à la fois infinie et

indéfinie dans son origine

,

un peu comme le cloud

informatique aujourd’hui.

La centralisation électrique

française accentuait bien sûr

ce caractère « abstrait ». La

montée des EnR, très liées aux

ressources locales, et celle des

sujet local, voire micro-local,

alors qu’il y a des raisons

puissantes de gérer l’électricité

à échelle étendue (nationale et

internationale), du moins tant

que la question du stockage

n’aura pas connu de bond

technologique substantiel.

Quand on se préoccupe de

la « bonne échelle », il faut

savoir de quoi on parle

: de

technique, de régulation, de

stratégie ou de gouvernance ?

Les réponses peuvent être

diverses. Techniquement, une

bonne échelle est souvent le

quartier ou un ensemble de

quartiers. Stratégiquement,

l’agglomération étendue est à

mon avis très pertinente en ce

sens qu’elle permet d’inscrire

les choix énergétiques dans un

contexte global où les sujets liés

aux bâtiments sont interfacés

avec les politiques de mobilité,

d’aménagement, de gestion

des déchets et d’économie

circulaire, etc.

Ces échelons d’agglomérations

sont aussi, sans doute, ceux

qui sont les plus identitaires

pour les habitants ; ils peuvent

mobiliser plus facilement autour

d’un projet d’innovation en

suscitant un sentiment de fierté

locale. La région et la nation sont

des lieux naturels de définition

et de mise en œuvre de règles

communes.

Et elles doivent jouer le rôle

clé dans la promotion du

volet industriel de la transition

énergétique, volet essentiel

toujours minoré en France. »

INTERVIEW D’EXPERT