FIN DES TARIFS : ÊTES-VOUS PRÊTS?
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EFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE
problématiques de la sobriété,
remettant le consommateur
dans la position active,
changent la donne.
Et ce n’est pas seulement
une évolution technique.
La
volonté des territoires
, et des
collectivités locales qui les
représentent, de
retrouver un
rôle plus actif
s’inscrit dans
une tendance profonde de
la société actuelle : face à un
monde de plus en plus ouvert
et imprévisible, il s’agit de
reprendre la main, de limiter la
dépendance
par rapport à des
évolutions exogènes qu’on ne
contrôle pas. D’où la puissance
de l’idée d’autonomie, dans ce
domaine comme dans d’autres,
exprimant à la fois le besoin
de protection et la volonté de
recréer de la puissance d’action,
de créer des « clairières » dans la
jungle mondialisée, comme le dit
le philosophe allemand Rüdiger
Safranski. »
Dans ce contexte d’affirmation
des collectivités, quel serait
l’échelon territorial le plus
pertinent ?
« Comme dans tous les sujets
liés à l’environnement,
la
question des échelles est la
question centrale
, et en même
temps la plus difficile, il faut
l
’
aborder avec pragmatisme
.
La préférence pour le local ne
doit pas devenir un dogme
idéologique. Les diverses EnR
n’ont pas le même rapport
au territoire : certaines sont
ultra-locales, d’autres moins.
La chaleur est par nature un
PIERRE VELTZ
Chercheur, ingénieur, sociologue
et économiste, spécialiste de
l’organisation des entreprises
et des dynamiques territoriales
«DESENJEUX
D’ÉCHELLES»
Les collectivités territoriales
affichent de plus en plus leur
volonté d’être actrices de leur
stratégie énergétique, que vous
inspire cette tendance ?
« Jadis, chacun avait conscience
du caractère éminemment local,
concret, de l’énergie (bois, eau,
vent…). Puis le XX
e
siècle nous
a amenés vers une perception
de plus en plus « abstraite »,
avec la dissociation
croissante
entre les lieux de production
et les contextes d’utilisation
de l’énergie. Vue par les
consommateurs,
l
a disponibilité
paraissait à la fois infinie et
indéfinie dans son origine
,
un peu comme le cloud
informatique aujourd’hui.
La centralisation électrique
française accentuait bien sûr
ce caractère « abstrait ». La
montée des EnR, très liées aux
ressources locales, et celle des
sujet local, voire micro-local,
alors qu’il y a des raisons
puissantes de gérer l’électricité
à échelle étendue (nationale et
internationale), du moins tant
que la question du stockage
n’aura pas connu de bond
technologique substantiel.
Quand on se préoccupe de
la « bonne échelle », il faut
savoir de quoi on parle
: de
technique, de régulation, de
stratégie ou de gouvernance ?
Les réponses peuvent être
diverses. Techniquement, une
bonne échelle est souvent le
quartier ou un ensemble de
quartiers. Stratégiquement,
l’agglomération étendue est à
mon avis très pertinente en ce
sens qu’elle permet d’inscrire
les choix énergétiques dans un
contexte global où les sujets liés
aux bâtiments sont interfacés
avec les politiques de mobilité,
d’aménagement, de gestion
des déchets et d’économie
circulaire, etc.
Ces échelons d’agglomérations
sont aussi, sans doute, ceux
qui sont les plus identitaires
pour les habitants ; ils peuvent
mobiliser plus facilement autour
d’un projet d’innovation en
suscitant un sentiment de fierté
locale. La région et la nation sont
des lieux naturels de définition
et de mise en œuvre de règles
communes.
Et elles doivent jouer le rôle
clé dans la promotion du
volet industriel de la transition
énergétique, volet essentiel
toujours minoré en France. »
INTERVIEW D’EXPERT




