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août 1990
– J’inverse, je dédouble, je
cherche un huis clos entre moi et mon Moi.
J’ai longtemps joué seul aux échecs… C’est
insoutenable de penser pour les noirs et
ensuite pour les blancs, connaissant les deux
pensées, c’est-à-dire ma seule pensée ! C’est
insoutenable d’engager des batailles réfléchies,
pour des matchs nuls perpétuels. Je ne sais pas
si c’est moi qui pense, ou toi qui me parles…
Il m’arrive de ne pas savoir si je suis toi, ou
si tu es moi ? Nous sommes le pile et le face
d’une même monnaie. Je me trouve dans cette
position magique où le soleil éclaire seulement
la moitié de la lune, mais l’esprit sait que
l’autre moitié est là ; accolée dans l’espace
sombre. L’un peint, l’autre chasse le sujet ! Je
regarde l’infini, et là où je ne vois que vide,
l’autre explore le royaume intérieur.
“Comme dans un miroir, la forme et le reflet
se regardent. Vous n’êtes pas le reflet, mais le
reflet est vous”
Hokyo Zan Mai
Silhouette de la girouette du village
H/L: 61/50 - 1990
place du village de la girouette
H/L: 60/81 - 1990
septembre 1990
– Registre spirituel où tout
s’exprime en “double” comme un échange
métaphysique, entre moi et mon Moi. Dans ces
diptyques bord à bord, comme des siamois qui
diffusent l’un dans l’autre, je guette complicité,
rivalité, convivialité, partage… Une sorte de
médaille coupée dans son épaisseur et ouverte
pour en montrer les deux faces à la fois. Deux,
dans le même cerveau ?
“La peinture est chose mentale”
Leonardo da vinci
octobre 1990
– Je peins de grands polyptyques
sans fin, où chaque tableau féconde le suivant (par
ses arêtes), où chaque œuvre semble “poser” pour
sa voisine… De larges griffures côtoient désormais
des instants de marbrure. Je découvre mes
particules élémentaires, une sorte d’alphabet pour
une langue que personne ne parle… J’ânonne, je
bégaie, je laisse les affinités, les répulsions, les
logiques immanentes jouer selon leurs propres
règles, mais j’ai la psychose de l’accoutumance.
Je veux rester “cyclique”, à la façon des saisons,
merveilleusement en accord avec les rythmes de la
nature. Il m’arrive parfois de me “redire”, d’avoir
des gestes ponctuels à répétition. Ce sont bien sûr
des pieds de nez !




