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r
carré magique avec légende
H/L: 60/60 - 1990
je sais cela
u
H/L: 100/81 - 1990
avril 1990
– Carré magique avec légende :
“Coincé entre le bleu du ciel et le vert des prairies,
le carré blanc s’oppose au déferlement dévastateur
de la lave rouge du volcan sur l’ocre paisible de
la terre nourricière.” Tout est en ordre… Et si je
tournais le tableau de 90° ? Le chaos ?
avril 1990
– L’artiste* est possédé. Il peint sous
l’emprise d’une force qui lui parle mais qu’il ne
comprend pas. La même force est à l’œuvre dans
le désir amoureux par exemple : la libido est floue
pour l’amant, une vague pulsion tout au plus, mais
pas pour son corps qui fabrique les gamètes et tout
l’arsenal hormonal nécessaire à un dessein qui le
possède. Oui, éros nous agit, nous fait faire des
folies, des sérénades, la guerre de Troie… C’est
l’espèce qui parle en nous, malgré nous.
*
quand il n’est pas le jouet des modes
et des dérives marchandes !
mai 1990
– Je veux explorer, explorer sans cesse,
sans repos, cette voie qui est la mienne, enfouie
au plus profond des cavernes, sous les voûtes de
mon crâne… Truffées de symboles et d’une foule
de configurations géométriques, les grottes de la
région Cantabrique foisonnent de cette “géométrie
primitive”, dont les figures tectiformes montrent
le caractère abstrait de leur esprit; ces galeries
renferment en elles les deux tendances suprêmes
de la peinture, le figuratif et l’abstrait. Il y a,
dans le diverticule axial de Lascaux, près d’une
tête de cerf qui brame, un rectangle tracé d’un
trait parfait, et partant d’un de ses angles droits
inférieurs, une ligne de points, qui créent l’image
d’une comète qui passe… Aujourd’hui, c’est ainsi
qu’un enfant dessinerait un cerf-volant !
juin 1990
– Je suis désormais le premier venu,
(j’aime ces expressions à double sens) revenu
de tout. J’ai fait ma révolution ; de Lascaux au
“carré blanc sur fond blanc” de Malévitch, un
tour complet ! Je suis les autres. Mais lequel
d’entre nous ? Je suis, tu suis, nous suivons ; je
suis, tu es, nous sommes une somme, un total
ayant absorbé toutes les différences. Je suis en
tout point semblable aux autres, surtout dans
mes différences. En vérité, je ne suis rien, je
suis traversé, un simple capteur. Je ne fais que
conserver cette écume fragile de la conscience…
Je me suis débarrassé lentement de ce qui m’avait
été ajouté : je me suis retranché. Et par là même,
je me suis déployé – et j’en rends grâce aux mille
hasards. Oui, je suis revenu de tout. Je suis la rage
d’un seul dans l’impuissance de tous. Je sais cela.




