Cahier Les 10 ans du Pôle commun

4 10 ANS DU PÔLE COMMUN La crise que nous traversons, différente de 2008, fait-elle émerger de nouveaux sujets de préoccupation pour les autorités de contrôle du secteur financier ? JPJ : Cette crise, d’origine sanitaire, s’est transformée en crise économique, et pas ‐ pour le moment ‐ en crise financière. L’enjeu de la mobilisation de l’épargne devient encore plus sensible du fait de l’accumulation des mois de confinement. En outre, il faudra aussi veiller à ce que les personnes en situation précaire, ou qui ont perdu leur emploi, et reçoivent des aides publiques dont ils voudront placer une petite partie par précaution, bénéficient de la bonne qualité de conseils de la part des établissements financiers, assureurs, banques, mutuelles. En particulier, la commercialisation auprès des jeunes, qui vont rencontrer plus de difficultés à s’insérer dans la vie active, doit devenir une cible prioritaire des contrôles, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. Autre point très important que la crise a mis en lumière : les arnaques financières, qui se développent à grande vitesse sur les réseaux sociaux. Ce doit être une action prioritaire du Pôle commun, qui nécessite sans doute de demander des moyens supplémentaires et une coordination renforcée avec les services et administrations concernés. Il faut pouvoir contrôler toutes ces fausses publicités sur les réseaux sociaux, c’est le défi des années à venir. Quels sont, à vos yeux, les grands enjeux à venir en matière de protection de l’épargne ? JPJ : Il me paraît essentiel pour le Pôle commun de surveiller l’essor des produits financiers liés au développement durable et la façon dont va s’opérer la transition des produits financiers classiques vers ces nouveaux produits, qui vont devenir une part importante de la sphère financière. Autre point important concernant l’Europe : il faut prendre la mesure de toutes les conséquences du Brexit sur les placements, en particulier les produits courants comme le PEA ou l’assurance ‐ vie, en veillant à ce que les épargnants en soient bien informés. Il faudra être très attentif aux accords qui seront in fine conclus entre l’Europe et le Royaume ‐ Uni pour autoriser ou non les produits financiers britanniques. Après les lois Sapin 2 et Pacte, il faut poursuivre nos efforts dans le contrôle de la transparence et de la responsabilité des émetteurs financiers. Sur le plan politique, il me semble capital de travailler sur la question de la garantie de l’épargne. 

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