Cahier Les 10 ans du Pôle commun
3 10 ANS DU PÔLE COMMUN Entretiens Les grands témoins Jean-Pierre Jouyet Expert associé du cabinet Lysios Président de l’AMF de 2008 à 2012 Quelle était l’ambition de la création du Pôle commun : était-ce une réponse à la crise financière de 2008 ? Jean ‐ Pierre Jouyet : La création du Pôle commun résulte en effet de la crise financière mondiale de 2008, qui a eu des conséquences assez longues jusqu’en 2019. J’ai pris mes fonctions à l’AMF en décembre 2008 au moment même où a éclaté le scandale Maddoff, qui a eu des répercussions sur les épargnants, notamment français. Nous avons d’ailleurs axé le nouveau plan stratégique de l’AMF, dévoilé en juin 2009, sur cette mission prioritaire de la protection de l’épargne, avec un renforcement des contrôles et une attention forte à la bonne information des investisseurs. Dans le même temps, des liens croissants se développaient entre les secteurs de la banque et de l’assurance, et une nouvelle autorité européenne de surveillance des marchés financiers, l’ESMA, était sur le point d’être créée. Tout cela a concouru à ce que nous échangions avec le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Nos intérêts étaient complémentaires et nous avons trouvé très naturel de collaborer ensemble. Cela s’est fait dans un très bon climat. Notre objectif commun était de veiller à ce que les organismes financiers produisent les publications les plus honnêtes et complètes possibles à l’égard des épargnants et des investisseurs, et faire en sorte que le marché soit transparent. L’objectif a-t-il été rempli selon vous ? JPJ : Beaucoup a été fait, mais c’est un travail permanent ! Ce travail conjoint s’est beaucoup développé au cours des dix dernières années, sur des sujets importants comme le placement par les établissements financiers de leurs propres titres auprès de la clientèle. La surveillance des publicités s’est accentuée sur l’épargne retraite, sujet majeur pour les Français, à un moment où les produits ont connu de nombreuses évolutions. J’ai vu également que l’action a été prolongée à l’égard des personnes âgées vulnérables et au sujet des comptes en déshérence, par exemple dans l’épargne salariale, à la suite de la loi Eckert.
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