Rapport de durabilité Pollution (E2) 04 4.3.1 L’IDENTIFICATION DES ENJEUX MAJEURS EN TERMES DE POLLUTION Dans le domaine de la pollution, l’identification des enjeux a été réalisée avec l’outil d’analyse du cycle de vie ou ACV (voir section 4.1.5.1 Synthèse des principales politiques du présent document), et non au travers d’une analyse LEAP (locate, evaluate, assess and prepare). Les niveaux d’impacts, risques et opportunités sont les suivants : n la phase d’usage est la plus impactante, en partie à cause des particules d’usure (TRWP) : l de nombreux facteurs influencent la génération de ces particules : la conception des pneus et des véhicules, le revêtement et la sinuosité des routes, le comportement de conduite ou les conditions météorologiques. Depuis 2010, les résultats des études examinant ces particules ont fourni des preuves de leur présence dans l’environnement et une première évaluation de leur impact. Des projets sont également en cours pour tester l’efficacité de mesures d’atténuation des impacts potentiels. Un état de la connaissance de la profession est consolidé dans le Livre blanc produit par le Tire Industry Project (TIP (1)), l l’augmentation des exigences réglementaires en matière d’émissions de particules d’usure pourrait entraîner une augmentation des OpEx voire des CapEx liée à la conception produits, au développement de nouveaux produits. Ce peut être à la fois un risque mais aussi une opportunité pour un Groupe leader comme Michelin ; n les matières premières sont la deuxième phase la plus impactante. L’impact principal est lié à l’écotoxicité des matières premières biosourcées, en raison de l’utilisation de produits phytosanitaires, principalement les fertilisants et des pesticides. Aujourd’hui, la matière première biosourcée la plus utilisée dans le Groupe est le caoutchouc naturel ; n le cas du traitement des pneus en fin de vie (ELT) n’est pas traité dans cette ACV, mais considéré dans le cadre du volet ELT de la politique Environnementale (2). Néanmoins, le Groupe a conscience du risque de pollution, notamment des sols, par exemple lié à la lixiviation des pneus usagés mis en décharge ; n la phase de fabrication a un impact plus limité. Cependant, une analyse préliminaire indique un risque d’émission au-delà du seuil mentionné pour certaines substances (3). Il sera traité ici des rejets dans l’eau ou dans l’air induits par les activités industrielles du Groupe, ainsi que l’utilisation des substances préoccupantes et substances extrêmement préoccupantes dans certaines formulations de pneumatique. Les contributions des substances préoccupantes sont insuffisamment prises en compte dans les outils actuels de l’ACV. Néanmoins, elles sont tout de même considérées comme matérielles dans la mesure où certaines sont utilisées dans les formulations et/ou générées dans les opérations du Groupe. 4.3.2 CADRE GÉNÉRAL EN MATIÈRE DE POLLUTION Les impacts, risques et opportunités sont intimement liés les uns aux autres et sont considérés de manière systémique dans la stratégie de lutte contre la pollution. Ils sont ainsi couverts par la politique Environnementale du Groupe, qui identifie et évalue les risques de pollution ; certains font l’objet d’une politique spécifique ou d’un programme dédié. La mise en œuvre de la politique de Gestion des risques chimiques permet à la fois d’identifier et d’évaluer les substances les plus à risques. Elle priorise la substitution lorsque cela est techniquement possible et s’accompagne de restriction d’utilisation de substances et d’un processus de validation HSE des nouvelles matières premières. En priorisant la réduction des sources de pollutions chimiques dès la conception, l’approche de Michelin permet de minimiser les pollutions industrielles liées à ses opérations propres, ainsi que les pollutions diffuses liées à l’usage de ses produits. Le volet de la politique Environnementale concernant les sites industriels traite de l’atténuation des impacts par la maîtrise des risques de pollution chronique ou accidentelle, notamment grâce à la mise en place d’un Système de management de l’environnement compatible avec la norme ISO 14001. Sur la pollution, la politique précise la démarche suivante : n identifier les risques pour l’environnement ; n maîtriser le risque à un niveau tolérable, par la réduction à la source ou, à défaut, le traitement des pollutions (prévention et protection, en marche normale et dégradée) ; n respecter les réglementations. Dans cette politique, une attention particulière est portée aux émissions de composés organiques volatils (COV), le principal enjeu du Groupe en termes de pollution atmosphérique liée à ses opérations propres. L’ambition du Groupe est de viser zéro solvant organique introduit lors de la fabrication d’un pneu à l’horizon 2050. S’il n’existe pas encore de déclinaison spécifique aux particules d’usure liées au phénomène d’abrasion dans la politique Environnementale, un travail est en cours dans le cadre d’un programme dédié aux TRWP créé mi-2023. Chaque impact, risque et opportunité sur le sujet de la pollution fait l’objet de parties dédiées, incluant les politiques, les actions et les cibles : particules d’usure (TRWP), pollution de l’air et de l’eau dans les opérations propres, substances chimiques, pollution de la chaîne de valeur amont. (1) Voir pour le Livre blanc du TIP sur les TRWP, https://tireindustryproject.org/news/tire-industry-project-commitment-to-addressing-tire-and-road-wear-particles/. (2) Voir section 4.6 Utilisation des Ressources et Économie Circulaire (E5) de ce document. (3) Michelin n’a pas d’émission chronique dans le sol pour ses opérations propres, ce sujet est donc considéré comme non-matériel. 222 DOCUMENT D’ENREGISTREMENT UNIVERSEL 2024_MICHELIN
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