Rapport de durabilité Pollution (E2) 04 4.3 POLLUTION (E2) Trois questions à Cyril Dupuch, Directeur du Développement Matériaux « L’impact santé, sécurité et environnement de nos produits et de nos opérations : une priorité absolue pour Michelin intégrée dans tous nos processus. » Que représente l’enjeu de la pollution pour Michelin ? En particulier, comment le Groupe se positionne sur la problématique d’émissions de particules d’usure lors de la phase d’usage des pneumatiques ? En termes d’analyse de cycle de vie de nos produits, il apparaît que le troisième impact le plus important est lié à l’émission de particules d’usure du pneu « TRWP » (Tire and Road Wear Particles) durant son usage. Il s’agit donc d’un enjeu majeur sur le plan environnemental, même si les TRWP présentent des caractéristiques très différentes des microplastiques. Conscient de cet impact, nous agissons à plusieurs niveaux pour réduire les émissions de particules d’usure. Notre expertise unique dans les matériaux nous permet de progresser toujours plus dans la maîtrise du phénomène d’abrasion grâce au développement de nouveaux matériaux et en limitant l’utilisation de matière dès l’étape de conception de nos produits. En mars 2022, une publication de l’ADAC (Association automobile allemande) nous a d’ailleurs reconnus comme le leader incontesté de la performance abrasion sur 143 pneus testés (tests de pneus été, hiver et all season (1)). Il y a encore beaucoup à apprendre et à faire sur le sujet des TRWP. Nous poursuivons donc nos propres recherches pour réduire encore l’abrasion, mais nous voulons aussi engager l’ensemble de notre industrie pour accélérer sur ce sujet. Pour cela, nous travaillons avec des partenaires et d’autres acteurs du marché, comme l’illustre la création, fin 2023, de BioDLab, un laboratoire commun avec le CNRS, qui vise à mieux comprendre les mécanismes de dégradation des TRWP dans l’environnement. Au sein de l’ETRMA (European Tyre & Rubber Manufacturers Association), nous avons fortement contribué à la définition d’une méthode de mesure des particules standardisée. Nous agissons également auprès des instances de régulation et soutenons les réglementations qui appliqueront des limites d’abrasion aux pneumatiques. Par ailleurs, Michelin utilise des substances chimiques dans ses produits. Quelles actions le Groupe conduit, en particulier sur les substances dites « préoccupantes » et « extrêmement préoccupantes » ? Depuis 20 ans, nous avons créé un Observatoire de l’environnement qui nous permet de surveiller l’évolution de la connaissance scientifique et d’analyser l’ensemble des informations externes sur chacune de ces substances. Sans attendre les évolutions réglementaires qui encadrent l’utilisation de ces substances, nous engageons des programmes de recherche dès les premiers signaux scientifiques. Ils permettent de développer des solutions alternatives, tout en garantissant le maintien des performances de nos produits. Ce sont souvent des programmes longs, car il faut s’assurer que la substitution d’un composant ne va pas altérer la performance de nos produits, notamment sur le plan de la sécurité. Aussi, il y a plus de 20 ans, nous avons lancé un programme de recherche pour remplacer le résorcinol et le formol contenu dans les colles textiles. Aujourd’hui, nous utilisons de nouvelles colles, sans substance à risque, dans nos propres produits. Cette innovation a eu de plus un impact très large, car elle a été adoptée par nos fournisseurs de produits textiles et son utilisation se développe au-delà du secteur du pneumatique, grâce à ResiCare (2), qui a en charge sa commercialisation. Enfin, l’un des impacts de Michelin concernant la pollution atmosphérique est lié à l’émission de composés organiques volatils (COV) ; que fait le Groupe en ce domaine ? Nous nous sommes fixé l’ambition d’atteindre le zéro solvant organique volatil introduit dans la fabrication de pneumatiques d’ici 2050 avec un objectif intermédiaire de réduire de 50 % la consommation de COV rapportée à la production, d’ici 2030 par rapport à 2019. Afin d’atteindre cet objectif ambitieux, nous investissons plusieurs champs de recherche simultanément : pour supprimer le caractère volatil ou organique des solvants, pour développer des solutions alternatives aux solvants ou pour optimiser le procédé de fabrication. En complément des innovations technologiques, Michelin met également un accent fort sur le changement culturel et l’adoption des bonnes pratiques dans ses sites de production, favorisant une réduction significative et rapide de l’utilisation des COV (25 % de réduction ces trois dernières années). (1) Voir ADAC, 2021. Tyre wear particles in the environment. Allgemeiner Deutscher Automobil-Club, Tyre abrasion : wear and burden on the environment/31940 RMU, actualisé 03/2022. (2) ResiCare est une entité du Groupe qui développe et commercialise une gamme de résines haute performance dédiée aux industriels. 220 DOCUMENT D’ENREGISTREMENT UNIVERSEL 2024_MICHELIN
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