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– 148 –

le paradis cosmique (un point c’est tout)

H/L: 100/81 - 1992

le paradis sous terre (l’enfer)

H/L: 100/81 - 1992

le sas de l’inconnaissance (le purgatoire)

H/L: 100/81 - 1992

octobre 1992

– «

Nous sommes entrés dans

l’ère de l’espace, affirmait Lucio Fontana dans

“le manifeste du spatialisme” en 1946. La toile

n’est pas ou plus un support mais une illusion.

Je ne veux pas faire un tableau, je veux ouvrir

l’espace, créer pour l’art une nouvelle dimension,

le rattacher au cosmos, tel qu’il s’étend, infini,

au-delà de la surface plate de l’image. Je fais

un trou dans la toile pour laisser derrière

moi l’ancienne formule picturale, la peinture

et la vue traditionnelle de l’art, et je m’évade

symboliquement, mais aussi matériellement de la

prison de la surface plane.

”

Je me sens parfois très proche de Fontana : dans la

transparence je touche à l’étoffe de la vie, j’y capte

les mouvements de l’âme. Mais ses lacérations,

je les éprouve comme une mutilation profonde

et une fausse piste. Je me suis senti obligé de

réparer ces outrages : sur 3 toiles j’ai cousu, avec

l’aide précieuse d’Angèle, des fermetures. Dans les

petites poches, j’ai mis à l’abri les 9 principes

(3 x 3) de mon “Manifeste du renversement de

toutes perspectives”.

octobre 1992

– à cause de mon genou et malgré

l’opération, je suis officiellement en “invalidité”

sous le n° 71445134. Je me sens libéré du poids

du monde. Après toutes ces années à cloche-pied

(chômage, longue maladie, algodystrophie du

genoux), dans moins de deux ans, c’est la retraite !

Quel drôle de mot, non ?

“Clairon qui dit la fin

de la chasse, la fin d’une manœuvre, le repli du

champ de bataille, l’évacuation d’une armée qui

ne peut se maintenir sur ses positions; lieu dans

lequel on se retire pour méditer ou qui sert de

cache à un fugitif”

. Mais de quoi se retire-t-on ?

De quelle défaite ce moment est-il le symbole ? Les

Espagnol, eux, parlent de

“jubilacíon”

! éprouver

une grande joie, une satisfaction profonde.

Oui, je m’imagine enfin libre, sans entraves, ni

comptes à rendre, désireux de réaliser tout ce que

la vie m’avait interdit jusqu’alors, émerveillé de

toutes ces heures vierges encore offertes de mes

expérimentations, à mes visions…