SINN - Le catalogue 2021/2022
21 Le professeur Ernst Messerschmid et le Reinhard Furrer (à droite), scientifiques et astronautes, tous deux récompensés par la Croix fédérale du mérite de première classe, étaient membres de l’équipage de la première mission Spacelab allemande, baptisée D1. Peu de temps avant la mission spatiale D1, le professeur Reinhard Furrer avait fait l’acquisition d’une SINN 140 S, grâce à laquelle il a pu prouver que le mouvement d’une montre automatique pouvait être remonté malgré l’apesanteur. Le 9 septembre 1995, Furrer est mort dans un accident d’avion lors d’un spectacle aérien à Berlin. Pour lamission D1 de 1985, nous avons embarqué des horloges atomiques afin demieux comprendre les principes fondamentaux des systèmes de navigation satellite développés par la suite, tels que le GPS et le système satellite européen Galilée. Se trouvait également à bord Reinhard Furrer, ancien pilote d’avions légers, qui avait effectué plusieurs traversées de l’Atlantique, et savait utiliser un chronographe et les instruments de navigation astronomique. Il était donc naturel qu’il souhaite emporter son chronographe dans l’espace. Il s’agissait d’un chronographe automatique SINN 140 S, dont la fiabilité est restée inébranlée pendant tout notre voyage. J’avais laissé mon propre chronographe chez moi, où il a été dérobé pendant l’expédition. L’attachement de Reinhard Furrer à cette technologie en apparence obsolète n’était pas purement sentimental. Qui renoncerait à emporter dans cette expédition un instrument à ce point utile qu’on a appris à apprécier au fil des ans ? Ces chronographes sont en réalité extrêmement utiles aux pilotes confrontés à des situations dans lesquelles ils doivent prendre une décision sur-le-champ et n’ont pas le droit à l’erreur (l’échec n’était pas une option dans le cadre de la mission Apollo 13). Améliorés sur le plan technique, ils répondent aujourd’hui à des critères opérationnels et esthétiques qui auraient été impossibles sans les progrès scientifiques qui ont jalonné la conquête spatiale. Ernst Messerschmid est né en 1945 à Reutlingen. Après avoir étudié la physique à Tübingen et à Bonn et obtenu son doctorat, il a rejoint en 1978 le centre aérospatial allemand de Oberpfaffenhofen. Dès 1983, Messerschmid est intégré comme scientifique et astronaute et, en 1985, il embarque à bord de la navette spatiale américaine « Challenger » pour un voyage spatial d’une semaine dans le cadre de la mission Spacelab D1. En 1986, il obtient une chaire de professeur et est nommé directeur de l’Institut des systèmes aérospatiaux à l’Université de Stuttgart, où il devient également doyen de la faculté de technologie aérospatiale entre 1990 et 1992, puis pro-recteur des études et des technologies entre 1996 et 1998. De 2000 à 2005, il se met en disponibilité à l’université pour devenir directeur du Centre astronautique européen de l’Agence spatiale européenne, où il est responsable de la sélection et de la formation des astronautes européens intégrés à l’équipage de la station spatiale internationale ISS. Aujourd’hui, ses recherches se concentrent sur le développement des futures stations spatiales ainsi que l’élaboration de stratégies et de scénarios dans le cadre de missions sur la lune, les astéroïdes proches de la Terre et Mars. Principales publications et récompenses : Messerschmid a publié plus de 150 articles scientifiques. Il est auteur ou co-auteur de dix ouvrages et titulaire de plusieurs brevets allemands et européens. Il a reçu, entre autres, la Croix fédérale du mérite de première classe, la médaille d’honneur de l’État de Bade-Wurtemberg, la médaille du vol spatial de la NASA et la médaille d’or Hermann Oberth. Il est également membre de l’Académie allemande des sciences Leopoldina, de l’ACATEC, de l’Académie allemande des technologies et de l’Académie internationale d’astronautique. Prof. Dr. Ernst Messerschmid
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